
Le mot «Skimboard» vient de l’anglais «skim», qui veut dire effleurer, écrémer, et de «board» qui, comme chacun sait, signifie «planche». On pourrait donc traduire le tout par le nom poétique de «planche à écrémer l’écume des vagues»…
C’est un sport de glisse qui se pratique sur des planches en bois, en fibre de verre ou en résine synthétique sans aileron, au bord de l’eau dans à peine quelques centimètres. Le principe est de glisser le plus longtemps ou le plus vite possible, de surfer sur des vagues ou encore de réaliser des figures sur le bord.
Bien que le Skimboard soit resté depuis le début une discipline bien méconnue du grand public, c’est à priori un sport qui a tout pour plaire…
Par exemple, il est facile de trouver une plage de sable où passer de bons moments entre amis autour de ce sport. Seules quelques heures de pratique suffisent pour commencer à tenir debout sur la planche, et rapidement on peut y prendre plaisir. Autre atout, un budget de 250 à 400 frs (38 à 60 Euros) pour commencer vous permettra de vous procurer une bonne planche digne de votre talent naissant.


La pratique du Skimboard remonte aux années 1920 quand les Lifeguards de la fameuse Laguna Beach en Californie ridaient sur de simples bouts de bois pour faire passer le temps. La plupart des meilleurs Skimboarders viennent de Californie, véritable Mecque du Skimboard. Deux raisons principales permettent d’expliquer cela. D’abord, c’est là qu’il fut créé. Ensuite, c’est encore à Laguna Beach que dans les années 70 il connaît l’expansion la plus importante de son histoire, et le plus grand succès auprès du public. Succès certes très temporaire puisque de nos jours, bien peu de gens le pratiquent. Un tas de riders continuent à skimmer sur des planches en bois partout dans le monde, cependant, la discipline a énormément évolué depuis ses débuts. Au départ de simples morceaux de bois récupérés çà et là, les Skim sont aujourd’hui devenus des objets de haute technologie faisant appel à la science des plus avancées, incroyables merveilles de flottaison, de portance et de dynamisme. Pourtant, le nombre d’initiés à la pratique ou même à l’existence de cette discipline est minime, et reste aux yeux des passionnés un grand mystère. En espérant vous donner l’envie de rejoindre ce cercle très ouvert des mordus de Skimboard, je vous invite à continuer votre visite du site pour faire plus ample connaissance avec lui…
Le monde du Skim
Si vous avez lu l’introduction, vous aurez remarqué que le skimboard est un sport peu connu. Cette réalité prend forme à peu près partout, mais il existe quand même des endroits où le Skim est un sport reconnu et respécté. C’est le cas notamment aux Etats Unis, aux environs des régions côtières de Californie et de Floride, là où vivent la plupart des meilleurs Skimboarders de la planète. En effet, là-bas le skim fait partie intégrante de la culture FreeRide, au même titre que le surf ou le bodyboard, et nombreux en sont les adeptes.
Sous cette apparence brouillonne où il pourrait sembler que personne ne veuille prendre sérieusement les choses en main, réside pourtant une petite organisation de professionnels réunis dans une fédération mondiale. Les membres de cette fédération s’affrontent régulièrement dans des compétitions à travers le monde, à l’occasion de plusieurs coupes ou championnats, largement dominés par les Américains (force du nombre oblige), tels les frères Bill et George Bryan, Conley Ware, Brad Evers, véritables légendes vivantes du Skimboard. Derrière ces incontournables personnalités, arrivent quelques portuguais, comme les talentueux Hugo Santos et Lino Curado, ou d’autres nationalités comme l’Espagne ou LA FRANCE. Eh oui, notre beau pays est lui aussi bien représenté, par des gens comme les frères Nicolas et Matthieu Thibaud, Franck Gutierrez, Thomas Laisney, Olivier Harrault, Jacques Bedex, et tout un tas de jeunes Skimers très prometteurs comme mon pote Eric Silvestre et son frère…
On constate depuis quelques années que le skimboard français se décide à bouger, pas au point de rattraper son grand frère américain, mais on voit émerger de plus en plus de jeunes skimboarders qui en veulent et qui ont dans l’idée de faire connaître et progresser leur passion. La marche est déjà en route, et quand on voit le niveau des jeunes espoirs on a vraiment envie de croire en l’avenir du skim en France…
Alors si vous voulez faire parti de tout ce renouveau dans le Skim français, vous ne trouverez pas de cercle plus ouvert, et tout le monde vous y accueillera avec la plus grande joie…

Pour commencer
L’important pour commencer, c’est de se mettre dans la tête qu’au début, on se prend des tas de gamelles en skim, et que c’est tout à fait normal … C’est de ne jamais s’en prendre, qui pourrait paraître anormal, car cela voudrait dire que vous ne vous mettez pas à fond dans ce que vous faîtes, et Dieu sait que le skimboard nécessite qu’on s’y investisse à 250%…
Autrement, question technique, il faut attaquer doucement. Lancez la planche devant vous, parallèlement aux vagues (attention, ne laissez pas tomber la planche, sinon elle risque de « scotcher », c’est à dire d’adhérer au sol et de ne pas glisser), et courez lui après pour essayer de monter dessus.



La montée sur la planche est la seconde étape, et non des moindres, car si ça peut sembler enfantin, vous vous apercevrez vite que ça ne l’est pas tellement… L’important est de ne pas sauter à pieds joints sur la planche comme vous le feriez sur un trampoline. Essayez de grimper dessus comme si vous alliez continuer à courir, en vous mettant de côté. Surtout essayez de réattérir bien équilibré en vous appuyant sur la jambe arrière, sans quoi votre planche ne vous attendra pas, et se dérobera sous vos pieds pour le plus grand malheur de vos poignets et de votre postérieur.
Ensuite, eh bien au fur et à mesure que vous apprivoisez votre monture, amusez-vous à faire quelques figures en aquaplaning au bord de l’eau, c’est marrant et ça permet de bien apprendre les bases du Skimboard.

Ensuite
Quand vous maîtrisez les bases nécessaires pour monter correctement sur votre planche et glisser à peu près comme vous voulez, il est temps de songer à aborder vos premières vagues. Là, le principe est soit d’arriver le plus vite possible sur la vague pour s’en servir comme d’un tremplin et sauter, faire des figures comme des sauts périlleux (assez dangereux, quoique impressionnants, à ne pas tenter dès les premières vagues…), ou empruntées au skateboard, soit de surfer dessus, avec là aussi des figures comme le floater (se laisser flotter sur le haut de la vague), ou le tube (qui n’a pas besoin d’explication, il me semble…). Les meilleurs skimboarders qui s’affrontent en compétition sont notés sur différents critères, comme le choix de la vague, la distance par rapport au bord à laquelle ils arrivent à la prendre, et bien sûr sur les figures qu’ils réalisent, cependant, les sauts ne sont pas comptabilisés comme figures valides…
Les figures en aqua planning sont peut-être amusantes au début, mais la prise de vagues reste néanmoins le challenge le plus intéressant en ce qui concerne le skimboard.

Pour celà vous aurez besoin de connaître et d’arriver à pratiquer la montée rapide, une des choses les plus importantes si vous voulez progresser en skimboard. Cette technique consiste à monter sur la planche en pleine course, et permet de ne pas perdre de vitesse ou presque, et de prendre des vagues qui cassent à seulement quelques mètres du bord (shorebreak). C’est peut-être la plus compliquée des manoeuvres à passer au début, mais tous les skimboarders confirmés vous diront qu’ils ne peuvent pas s’en passer…
En clair, ça consiste en quoi, la montée rapide?
Malgré son nom, c’est l’une des techniques dont l’apprentissage prend le plus de temps. Prévoyez les pommades et les pansements, car au début, vous allez en chier (pardonnez-moi l’expression, mais elle est vraiment de circonstance). Mais bon, les résultats obtenus quand vous maîtrisez la montée rapide masquent vite les bosses et les bleus qu’il a fallu pour la mettre en pratique…
Pour commencer, entraînez-vous sur une plage plate et grande. Courez avec votre planche dans les bras. Quand vous allez assez vite, lâchez-la juste devant vous et montez dessus un pied après l’autre (ne sautez pas à pieds joints, sinon, Aïe!…). L’idéal est de monter sur la planche un ou deux pas après qu’elle se soit posée sur le sol. Lors de la montée, se pencher en avant favorise une plus grande prise de vitesse et donc des rides plus longs. Cette technique vous permettra d’améliorer votre timing avec la vague, et vous permettra de prendre le shorebreak, chose quasiment impossible en montée classique.

Comment choisir le bon Matos?
Choisir le matériel approprié à son niveau est une des choses les plus importantes pour réussir dans tous les sports, et particulièrement en skim. L’avantage ici, c’est qu’il n’y a que la planche sur laquelle on va en faire à choisir… Il y en a de tous les prix et de tous les niveaux, mais on peut dire qu’avec 50 Euros, vous pourrez trouver votre bonheur, si vous débutez. Chose très importante, la planche doit vous arriver au plexus quand vous la tenez debout à vos pieds devant vous. Je vous conseille de prendre une planche en bois pour commencer, pour sa solidité, sa facilité d’accès et son prix peu élevé. Ensuite, pour les vraiment bons, il y a les planches en fibre ou en résine, qui sont beaucoup plus chères, mais beaucoup plus performantes aussi (flottaison, vitesse, dynamisme…). Regardez donc à deux fois avant de vous décider, d’autant plus que sur le marché beaucoup de marques sont disponibles, et le choix est souvent difficile.
Sinon, n’oubliez pas la WAX (de la graisse que l’on met sur la planche pour éviter de glisser) qui s’avère nécessaire à tous les niveaux et plus économique que les grips (les mêmes que pour le skate), qui sont plus efficaces, mais aussi beaucoup plus chers…
Le Shaper du coin:

91 Av. Jean Jaurès
33600 Pessac
05 56 45 51 25
Comment choisir un spot?

Si vous interrogez 10 Skimboarders sur leur vision du spot de skim parfait, vous avez de grandes chances d’obtenir une bonne dizaine de réponses différentes… La vérité est que beaucoup trop de paramètres entrent en compte dans cette quête de l’usine à bonheur, et que chacun a véritablement sa propre idée du spot idéal. Cependant, toutes ces réponses convergeront sur certains points caractéristiques.
Si vous êtes débutant, vous préférerez une plage de sable bien plate avec des vagues qui cassent loin du bord, vous permettant de vous exercer à tenir debout sur votre planche à l’abri des rouleaux, dans 1 ou 2 centimètres d’eau.
Par contre, si vous voulez commencer à prendre quelques vagues et à sauter (ce qui constitue l’essence même du Skimboard), il vous faudra trouver une plage à grande pente, où les vagues cassent le plus près possible du bord (c’est ce qu’on appelle le Shorebreak), sans être trop grosses (30 à 70 cm pour commencer), et sont assez rapprochées les unes des autres.
Ensuite, quand vous aurez acquis un niveau honorable et que vous commencerez à envisager les premiers tubes, vous vous sentirez plus attirés par des plages où les rouleaux forment de beaux arrondis tout près du bord, assez gros pour vous glisser à l’intérieur, et essayer d’en ressortir (et c’est là que se trouve tout le plaisir) sans vous faire arracher par la masse d’eau tourbillonnante qui vous arrive sur le coin de la figure…

Bref, quelque soit l’endroit où vous en ferez, assurez vous que vous ne représentez aucun danger ni pour vos potes, ni pour les autres. Veillez à ne pas en faire sur des plages où il y a trop de monde ou d’enfants jouant au bord de l’eau (ça arrive souvent, surtout au début, que votre planche se dérobe sous vos pieds, et aille finir sa course plus loin, au risque de blesser quelqu’un…). Evitez aussi les plages pleines de cailloux, qui sont d’une part très nocifs pour les planches, mais croyez moi, vos genoux et vos shorts vous remercieront de ne pas les avoir fait trop souffrir…
Comment fabriquer sa Board?
Pas besoin de s’appeler Mac Gyver pour fabriquer sa planche en bois mais il vaut mieux savoir comment procéder : voici donc les différentes étapes et quelques astuces pour réussir son skim du premier coup, sans se ruiner :
Les éléments indispensables à sa conception sont :
une planche de contre-plaqué marine
une scie électrique
du vernis ou de la résine polyester
de l’acétone
du papier ponce
un crayon
un grand carton
un pinceau
une trousse à pharmacie (pour les plus maladroits)
La première étape consiste à déterminer les dimensions de la planche qui sont fonction du gabarie du skimboarder :
Longueur : la planche devra arriver à hauteur du bassin avec plus ou moins 10 cm. Plus la planche est courte, plus elle est légère et donc maniable mais elle a moins de portance et nécessite plus de technique; donc, plus courte pour les personnes confirmées, plus longue pour les débutants.
Largeur : de 0.6 à 0.7 fois la longueur
Epaisseur : cela dépend du poids du skimboarder, 8 mm pour 40 kg puis 1 mm supplémentaire par tranche de 10 kg.
Le profil : une planche arrondie pour de simples glissades, un profil plus allongé pour ceux qui veulent défier le shore-break.

Tracer le profil sur la planche de contre-plaqué à l’aide d’un patron (de manière à avoir un profil bien symétrique).
Découper à la scie électrique.
Biseauter le bord de la face supérieure de la planche en sirotant une bière.
Poncer l’ensemble de la planche : avec du papier de verre à grain moyen tout d’abord, puis à grain fin.
Pour ceux qui sont inspirés c’est le moment de passer à la déco.
Enfin, dans une pièce sèche et non poussiéreuse, appliquer au rouleau une première couche de vernis ou de résine polyester sur la semelle. Une fois que c’est sec, recommencer l’opération sur la face supérieure et à nouveau sur la semelle.
La planche est terminée: laisser sécher la planche 24 à 48 heures.
En général, la résine polyester coûte plus cher que le vernis mais elle offre un glaçage (donc une meilleure glisse) et apporte une meilleure protection et solidité au bois. En revanche, la résine n’est applicable que s’il fait au moins 20°.
Un ponçage au papier de verre est préférable entre deux couches de résine polyester, ça élimine les défauts et ça permet à la nouvelle couche d’accrocher.
Attention à bien respecter le dosage de durcisseur (catalyseur) pour la résine : plus il fait chaud, moins il faut de durcisseur sinon la réaction se fait trop rapidement, et ça ne laisse pas le temps d’appliquer la résine.

Le règlement fédéral:
1.Les compétiteurs doivent être titulaire d’une licence fédérale compétition.
2.Les compétiteurs doivent se présenter et s’inscrire deux heures avant le début de la compétition.
3.Les compétiteurs s’affrontent dans des séries de 2 à 4 compétiteurs (en fonction de la compétition et du nombre de compétiteur) du premier tour jusqu’à la finale
(cf annexe 2).
4.Les séries composant le tableau initial d’une compétition ayant lieu à une date N sont réalisées en fonction du classement fédéral de la même date N.
5.Les compétiteurs sont notés (cf annexe2) sur une échelle de 1 à 10 points (possibilité de mettre des demis points).
6.Les séries peuvent durer de 7 à 20 minutes (selon les conditions de mer).
7.Le nombre de vagues prises par le compétiteur lors d’une série est illimité.
8.Les compétiteurs sont notés par 3 ou 4 juges (cf annexe 2).
9.Les juges retiennent trois vagues de chaque compétiteur : la meilleure vague à gauche, la meilleure vague à droite et la meilleure des deux colonnes(cf annexe 2).
10.Le classement de chaque série s’effectue en additionnant les 3 notes sélectionnées par chaque juge pour chaque compétiteur (cf annexe 2). En cas d’égalité entre deux compétiteurs d’une même série, on récupère la meilleure note pour chaque juge, non encore sélectionnée, de chaque compétiteur.
11.Dans les séries de 3 et 4 compétiteurs, les 2 premiers sont qualifiés pour le tour suivant. Le 3ème et le 4ème sont, soit éliminés, soit en repêchage. Dans les » man on man » (2 par série), seul le premier est qualifié.
12.En Coupe de France, les 4 premiers compétiteurs du classement fédéral sont protégés et sont qualifiés pour les ¼ de finale (cf annexe 2). Les autres passent par des poules de 4 compétiteurs. En ¼ de finale, les compétiteurs s’affrontent en » man on man » (2 par série), jusqu’en finale.
13.Les sauts périlleux sont interdits (trop dangereux), sauf widley (saut périlleux avec maintien de la planche sous les pieds).
14.Comme en surf, tous procédés de fixation des pieds sur la planche sont interdits (sector deck,…)
CRITERES DE NOTATION
D’une façon générale, la base du système de notation s’inspire du surf, mais elle est adaptée aux particularités du skimboard.
Il s’agit pour le compétiteur d’enchaîner le plus grand nombre de figures, de la manière la plus radicale possible, sur la partie la plus puissante de la plus belle et/ou grosse vague accessible, dans les conditions de mer du moment. Le critère le plus important est l’exploitation de la vague. Plus le compétiteur sera capable de choisir la plus belle et/ou grosse vague et d’y accéder où qu’elle se trouve, même et surtout loin du bord, et sera également capable de l’exploiter le plus radicalement possible sur sa plus longue section surfable en enchaînant des figures efficaces, avec le plus de style possible, plus la note sera élevée.
Plus concrètement les juges retiendront les critères et les barèmes suivants pour la notation :
Difficultés de la vague
Taille de la vague
Prise de risque
Variétés et qualité d’exécution des figures
Le style
- Les manœuvres incomplètes seront notées en fonction de la figure. La note sera divisée en 2 (suivant les critères ci-dessus) et ne dépassera pas 5 points.
- Le switch : Majoration de 2 points sur toutes les figures.
- A ses trois notes retenues, le juge peut ajouter 1 point si le compétiteur a pris des risques et/ou varié ses figures.
